Deux prélats à l’audace apostolique

CENTENAIRES DE LA NAISSANCE DE MGR ROBERT SASTRE ET DE MGR LUCIEN MONSI AGBOKA
L’église au Bénin a célébré, ces jours-ci, le centenaire de la naissance de deux prélats aux talents exceptionnels : Mgr Robert Sastre, 2e évêque de Lokossa, et Mgr Lucien Monsi Agboka, 2e évêque du Dahomey et 1er évêque d’Abomey. Le premier est connu pour son activité intellectuelle remarquable, tandis que le second est considéré comme un géant de la charité. Ces deux charismes ont été revisités à travers diverses activités organisées à l’occasion de leurs centenaires de naissance.
Par Joël BONOU, CORRESPONDANT

Vue partielle des participants au colloque
Du 1er au 7 juin 2026, le diocèse de Lokossa a marqué le centenaire de la naissance de Mgr Robert Sastre par plusieurs activités. Les deux principales articulations de ces manifestations sont le colloque tenu du 4 au 5 juin au Centre Henri Vignondé de Lokossa, lequel a mobilisé une centaine d’universitaires, de prêtres et de laïcs, et la messe présidée par Mgr Coffi Roger Anoumou, évêque de Lokossa, le samedi 6 juin 2026.
L’objectif du colloque scientifique est d’« explorer les multiples facettes de Mgr Robert Sastre : son parcours, sa pensée théologique, son engagement pour la dignité humaine, sa vision de libération et du développement des peuples africains, son attention à l’éducation, à la promotion de la femme, à la culture et à la mission de l’Église ». « La figure de Mgr Sastre est très importante pour nous », déclare le Père René Agbavon, vicaire général du diocèse. En effet, la mémoire de ce prélat, 2e évêque de Lokossa, est encore vive dans les esprits, qu’il s’agisse des fidèles laïcs ou des prêtres qui se souviennent, non sans émotion et nostalgie, de celui qui était aussi le premier prêtre béninois à avoir soutenu, en 1955 à Rome, une thèse de Doctorat en théologie. Il a été l’un des pionniers de la théologie africaine pour avoir collaboré, par deux articles, à la parution du célèbre ouvrage Des prêtres noirs s’interrogent (1956).
Mgr Sastre, un patriote ancré dans l’histoire de son peuple
Pour explorer, dans une perspective scientifique, la pensée et l’œuvre de ce prélat afin d’en envisager des modalités d’actualisation, le Comité d’organisation dirigé par le Père Agbavon, a choisi comme thème du colloque : « Décolonisation, culture, développement et évangélisation de l’Afrique. Contribution de Mgr Robert Sastre ». Des universitaires, spécialistes en littérature, sciences juridiques, sociologie, théologie ont ainsi été appelés à décliner ce thème en quatre panels portant respectivement sur « L’homme et sa pensée », « Décolonisation, mentalités, libération, panafricanisme et développement », « Culture, société, famille et éducation », et « Évangélisation et mission de l’Église ».
La conférence inaugurale de Me Robert Dossou a porté sur le thème : « Mgr Robert Sastre, l’homme et sa vie. Parcours, mémoire et témoignage ». Occasion pour le président honoraire de la Cour constitutionnelle du Bénin et ancien élève de l’Abbé Robert Sastre au Lycée Victor Ballot de Porto-Novo, de relever la fibre patriotique du personnage et sa grande conscience des défis de son peuple. Il a fait remarquer que Mgr Sastre était aussi « un prêtre de la jeunesse, un intellectuel assoiffé de transmettre, de former ces jeunes de la Jec dont il a été l’Aumônier national, ou encore ces étudiants africains dont il a été l’Aumônier à Paris ». La communication du Père Nathanaël Soédé, Aumônier national des cadres et personnalités politiques, s’est attelée à décortiquer la centralité de la lumière dans la pensée théologique de Mgr Sastre qui a fondé, en 1992, l’Institut des Servantes de la lumière du Christ (Slc). « Il parlait beaucoup plus de lumière que de mort dans ses interventions –homélies, conférences, etc. – car, pour lui, la lumière repousse les ténèbres ». De même, ajoute-t-il, éclairé par cette lumière, « c’était un évêque qui voyait très loin en politique, en liturgie, en pastorale, etc. Il était en avance sur son temps ».
Tenir dans le bon combat de la foi
« Mgr Sastre défendait la valorisation des langues africaines dans la liturgie catholique. Il y a introduit des danses et des prières gestuées bien étudiées unissant ainsi l’âme du Noir africain aux exigences de la joie chrétienne », souligne le Père Léopold Allossé, théologien. Il a aussi relevé sa conscience de l’auto-prise en charge : « évêque d’un diocèse pauvre, Mgr Sastre partagea la condition des fidèles en s’engageant lui-même dans l’agriculture, l’élevage et la pisciculture ».
La messe de clôture de ce jubilé a été présidée par Mgr Coffi Roger Anoumou, évêque de Lokossa, et concélébrée par son prédécesseur Mgr Victor Agbanou et une cinquantaine de prêtres. Dans son homélie, le Père Éfoé-Julien Pénoukou, à partir de l’œuvre de Mgr Sastre et des textes liturgiques du jour, a dégagé trois pistes susceptibles d’inspirer pasteurs et laïcs : proclamer la Parole de Dieu, tenir dans le bon combat de la foi, et opérer le don total de sa vie à Dieu.
Mgr Anoumou a fait remarquer aux participants que « le plus bel hommage que nous puissions rendre à Mgr Robert Sastre ne consiste pas seulement à évoquer son souvenir. Il consiste à poursuivre son œuvre ». Et de conclure : « Nous ne sommes pas les gardiens d’un musée ; nous sommes les héritiers d’une mission ». Et pour cause : « L’Église à Lokossa que nous aimons aujourd’hui a été bâtie par la foi, les sacrifices et parfois les larmes de ceux qui nous ont précédés. À notre tour, nous devons prendre notre part de responsabilité dans son édification ».
Par Florent HOUESSINON

L'Amicale des fils et filles de Mgr Agboka en caravane à la fin du mini-colloque
L’église-Famille de Dieu à Abomey a clôturé le samedi 6 juin 2026, le jubilé du centenaire de la naissance de Mgr Lucien Monsi Agboka, de vénérée mémoire. Les activités lancées le 2 août 2025 ont été couronnées par un mini-colloque, une géante caravane, l’inauguration ou la rénovation d’édifices et la messe pontificale présidée par Mgr Eugène Cyrille Houndékon, évêque d’Abomey, en présence d’une soixantaine de prêtres.
«Quand vous lui confiez votre enfant, il vous le retourne avec un diplôme en main et un emploi. Il s’occupait de tout : éducation, formation, insertion professionnelle », témoigne Michel, la quarantaine, qui a rejoint la caravane de l’Amicale des filles et fils de Daagbo Agboka. Peintre auto, il fait partie des 2.500 enfants bénéficiaires de l’œuvre caritative du prélat défunt.
Tout le monde l’appelle "Daagbo". Un titre honorifique qui traduit la tendresse et la sagesse de Mgr Lucien Monsi Agboka. Sous un soleil de plomb le vendredi 5 juin 2026, les caravaniers ont parcouru quelques artères, grandes places et centres Caritas d’Abomey. à l’aide de troupes folkloriques, de fanfare et une bâche portant l’effigie de Mgr Agboka, ils ont passé le message du centenaire de la naissance du prélat en invitant les populations à participer massivement à la messe pontificale. « J’y serai. Daagbo est inoubliable et immortel ! Il a été plus qu’un père pour moi », lance une commerçante lors du passage de la caravane dans le marché de Bohicon.
Le lendemain, samedi 6 juin 2026, la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul d’Abomey grouillait de monde. Avant la célébration, Mgr Eugène Cyrille Houndékon inaugure la Salle Mgr Lucien Monsi Agboka située dans la cour du presbytère de la cathédrale. à l’entame de la messe, il dépose un bouquet de fleurs sur la tombe du prélat défunt. Son homélie va le présenter comme « le pionnier et l’architecte majeur sur tous les plans » dans le diocèse. « La mémoire collective vénère constamment Mgr Agboka comme un pasteur au cœur débordant de compassion envers les malades et d’amour pour tous, surtout les femmes et les hommes vulnérables, sans oublier les filles et les garçons en quête d’éducation intégrale tant au niveau scolaire que professionnel », déclare-t-il. Il parle ensuite de l’enfance de Mgr Agboka, de ses études en théologie et de son épiscopat d’une quarantaine d’années. Selon lui, Mgr Agboka « a été le reflet de la vie de Saint Paul. Lui-même, sa vie a été la mise en œuvre de l’exhortation pastorale de Saint Boniface ».
Journée scientifique sur Mgr Agboka
Le mini-colloque organisé par le diocèse d’Abomey le vendredi 5 juin 2026 à l’hôtel "Le Vignoble" a rassemblé le peuple de Dieu, des prêtres, des religieuses et une trentaine de chercheurs autour des œuvres de Mgr Lucien Monsi Agboka, notamment la quasimodo pour la réflexion autour des sujets pastoraux, E ta dô mè dé man do fi pour l’auto-prise en charge, Tô vi dô zan kou pour la recherche en traitement médicinal, Mêwi Hwendo pour la promotion de la culture à la lumière de la foi chrétienne, Hanyé ou rythme de la cour royale d’Abomey mis au service du Seigneur. La conférence inaugurale du Père Eustache Nobimè, économe diocésain, a souligné le rapprochement du combat de Mgr Agboka de celui de Saint Paul, avec trois implications pastorales pour aujourd’hui : « La première implication pastorale, c’est la confiance au Maître de la mission et la disponibilité. La deuxième, c’est l’audace missionnaire. La troisième, c’est la mystique du combattant », déclare-t-il. Le Père Cyprien Tindo va insister sur la structuration de la mission pastorale et des œuvres caritatives du prélat à partir de 1992.
En s’appuyant sur sa thèse de Doctorat sur les œuvres de Mgr Agboka, Dr William Comlan, Enseignant-chercheur de l’école des Hautes études en sciences sociales de Paris, a rappelé le contexte d’émergence de l’action sociale de l’église à Abomey. Sur le plan culturel, les Pères Gaston Aïtondji et Mathieu Hangnoun ont abordé la pertinence et l’actualité de l’inculturation, ainsi que la recherche en tradithérapie. La problématique de la réhabilitation de la personne humaine chez Mgr Agboka a fait l’objet de la communication du Père Jean-Baptiste Djessoukpo, Docteur en Sciences de l’éducation. « Dans le futur, et si notre Père évêque le juge convenable et opportun, il est souhaitable que d’autres centres ou structures pastorales puissent être mis sous le patronage de Mgr Agboka. Et pourquoi pas, la création d’une Union pieuse, si l’Esprit Saint la suscite, qui portera son nom et perpétuera sa pensée pastorale et son charisme au nom du Christ et de son évangile d’amour. Ce sera une manière complémentaire et belle de rendre Daagbo Agboka toujours vivant dans la mémoire collective de ce diocèse », conclut-il. Dans le panel de la journée scientifique, Henriette Bomard, Joseph Ogounchi, Dr William Comlan et le Père Vincent Nouhoui ont partagé avec l’assistance leur expérience avec Mgr Agboka. Mgr Eugène Cyrille Houndékon a clôturé les travaux dans son mot de remerciement.
Par (Propos recueillis par Florent HOUESSINON)

Mgr Cyrille
« Le Seigneur avait suscité une âme très grande en voie de sainteté en notre sein »
Le motif principal de l’organisation de ce centenaire réside dans la mémoire de toute une génération qui se souvient d’un pasteur considéré comme un véritable don de Dieu à son peuple à Abomey. C’est une mémoire restée fidèle et qui est appuyée sur un fondement biblique : « Souvenez-vous de vos anciens, de ceux qui vous ont dirigés, et qui vous ont annoncé la Parole. Rappelez-vous la vie qu’ils ont mené parmi vous et essayez de les imiter » (Hébreux 13,7). Je pense qu’à la lumière de cette Parole biblique, nous sommes encore davantage plus éclairés et plus fondés pour organiser le centenaire de la naissance de Mgr Lucien Monsi Agboka, né le 3 juin 1926.
Nous avons ouvert les activités de ce centenaire le 2 août 2025, et nous avons cheminé dans cette mémoire jusqu’à aujourd’hui. Le 3 juin dernier, c’était le jour d’incidence du centenaire. Nous avons cherché à rassembler davantage en prenant un jour de la semaine où la plupart ne sont pas astreints à des obligations professionnelles. Pour vivre de façon plus marquée cet anniversaire, nous avons suscité beaucoup d’initiatives. D’abord, au niveau de la cathédrale d’Abomey, une salle paroissiale a été rénovée et transformée. Elle a été baptisée Salle Mgr Lucien Monsi Agboka. C’est la deuxième œuvre qui porte son patronage, après la première de 2009 qui est l’ancienne procure de Bohicon rebaptisée Centre Mgr Lucien Monsi Agboka (Cemola). Dans ce Centre, nous projetons transformer une salle de formation en musée. Actuellement, le Père Yves Kpoguè, chargé de la Commission pour le patrimoine africain et les musées, est à pied d’œuvre avec ses collaborateurs pour nous faire découvrir avec dignité, tout ce qui touche à la personne de Mgr Lucien Monsi Agboka : ses ouvrages, ses vêtements et ses insignes épiscopaux. à cela s’ajoute le mini-colloque qui a donné toute sa mesure au-delà de nos attentes, avec une large participation et des intervenants de qualité.
Mgr Agboka a été une figure remarquable du fait d’être élevé à la dignité épiscopale très jeune. Il a été à la hauteur de sa mission. Il a aussi reçu la grâce de la longévité épiscopale à ce poste. Il a donné le goût de Dieu à ses frères et sœurs. Il fait le lien entre la foi et le développement durable. Il a également fait profiter de ses expériences pastorales à ses frères dans l’épiscopat, notamment Mgr Isidore de Souza et Mgr Vincent Mensah. Le plus grand bien qu’on peut rendre à un être humain, c’est l’éducation. Et des évêques du Bénin envoyaient des laïcs et des religieuses se former à l’école de Mgr Agboka. à travers lui, le Seigneur avait suscité une âme très grande en voie de sainteté en notre sein. L’attachement à sa mémoire par un grand nombre est le chemin qui va nous y amener. On en parle déjà. L’idée de proposer Mgr Agboka à la cause de canonisation est suffisamment ancrée dans les esprits. Il reste à formaliser cela. Laissons l’Esprit Saint nous aider à poursuivre le chemin dans ce sens. (Mgr Eugène Cyrille Houndékon, Évêque d’Abomey)
« Mgr Agboka aimait simplement son prochain »
Je suis sage-femme. à la fin de ma formation à Dakar au Sénégal, il y avait deux postes vacants : un à Cotonou et l’autre à Abomey. J’ai alors choisi d’occuper le poste d’Abomey en 1958. J’étais au service de l’Administration coloniale, très exigeante mais qui m’avait donné la possibilité d’aller à la retraite quand je le souhaitais. En tant que fidèle catholique, je dépendais de la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul d’Abomey. J’étais une amie de Sœur Julienne qui aidait, avec Mgr Lucien Monsi Agboka, au Foyer Sainte Monique. C’est grâce à elle que j’ai rencontré le prélat qui venait célébrer des messes à la cathédrale, non loin du marché Houndjroto. Il avait récupéré des enfants déshérités, des filles-mères et des femmes sans mari dont il s’occupait.
à la fin de l’une de ses messes à la cathédrale d’Abomey, Mgr Agboka m’informa qu’il avait besoin de moi. Qu’il a des enfants qui ont besoin que je leur donne l’éducation que j’ai reçue. Je lui ai demandé de prendre patience. Quelques années plus tard, plus précisément en 1980, j’ai pris ma retraite professionnelle pour me mettre entièrement à son service. Je me suis donnée corps et âme et de façon bénévole. Dans ma conscience, je ne peux pas travailler pour l’église et demander une rémunération. Pour accompagner Mgr Agboka, je recevais des enfants chez moi que j’accompagnais jusqu’à la maturité. Je les élevais, les mettais à l’école ou en apprentissage. Et dès qu’ils ont leur diplôme, ils acquéraient leur autonomie. On tenait des réunions jusque tard dans la nuit sur des sujets sensibles liés à la pastorale. Mgr Agboka aimait simplement son prochain et faisait confiance aux laïcs de son diocèse. (Henriette Bomard, Ancienne Collaboratrice de Mgr Lucien Monsi Agboka)
« Pour lui, nous devrions être autonomes »
C’ est une religieuse qui a demandé à mes parents de m’amener chez la Sœur Julienne. Elle était l’une des responsables du Foyer d’accueil Sainte Monique. L’objectif, c’était que j’apprenne un métier et que j’échappe au mariage précoce, sort des jeunes filles de ma génération. Je suis restée avec la religieuse et d’autres jeunes filles au Centre féminin de Bohicon.
Mgr Agboka nous avait éduquées comme un père. Il nous associait à ses projets. Nous allions avec lui au champ pour cultiver le manioc et fabriquer du gari. Mais à côté des travaux champêtres, il s’occupait de notre formation humaine à travers l’apprentissage. Pour lui, nous devrions être autonomes sur le plan financier. à travers l’organisation de ce centenaire de sa naissance, Mgr Eugène Houndékon montre qu’il lui emboîte le pas. Il a relancé le Centre féminin Sainte Monique qui continue de fonctionner. Les filles comme les garçons sont reçus pour une formation professionnelle et humaine intégrale. (Yolande Badou, Ancienne fille du Foyer Sainte Monique)
« Mgr tenait aussi la daba »
Je suis maçon de formation. C’est depuis mon cours primaire que j’ai fait la rencontre de Mgr Lucien Monsi Agboka. C’était la période où il a été nommé et venait de prendre siège à Abomey, en 1963. J’étais parmi les écoliers du cours catholique qui l’ont accueilli à son arrivée. C’est lui qui nous a conféré le sacrement de confirmation le 10 octobre 1963. Nous étions la première promotion de son épiscopat à recevoir cette grâce de ses mains. Comme ma maison était très loin de l’école catholique, je passais toute la journée sur place pour rentrer le soir. De sa résidence, ‘’à l’ombre du sanctuaire’’, Mgr Agboka nous repérait, mes camardes et moi. Un jour, il est passé nous dire d’aller le voir à sa résidence les après-midis. Et il nous gavait de cadeaux qu’il ramenait de ses voyages, surtout en Italie.
à l’approche de l’obtention de mon diplôme en maçonnerie, j’ai été le voir pour l’informer de la cérémonie. Puisque mes parents étaient âgés, ils n’avaient pas les moyens financiers pour m’aider. Mgr Agboka a pris sur lui toutes les dépenses. Il m’a également inséré dans la profession. Plus tard, il m’a impliqué dans la gestion du Foyer Sainte Monique et m’a confié la gestion de près de 18 Centres d’œuvres caritatives du diocèse. Nous allions régulièrement dans son champ à Agbon pour cultiver la terre. Lui-même tenait la daba et le coupe-coupe. Il m’a confié plusieurs postes stratégiques dans la structuration de la chorale Hanyé. Même après sa mort, je continue de collaborer dans les structures qu’il a créées. (Paul Aglidjago, Ancien collaborateur de Mgr Lucien Monsi Agboka)
« C’était mon "papa" ! »
J ’ai appris auprès de Mgr Agboka ce que je suis devenu aujourd’hui sur le plan familial, et mon engagement dans l’église-Famille de Dieu au Bénin. Je n’avais pas une idée claire de ce qu’est un baptisé, un confirmé. C’est auprès de lui que j’ai pratiquement tout appris puisqu’en 1996, au niveau de la cathédrale Saint Pierre et Saint Paul d’Abomey, j’ai été élu président du comité paroissial qui était chargé de préparer la prise de service du nouveau curé. Ce qu’on a fait. Depuis lors, j’ai compris que laïc et clerc devraient se donner la main pour travailler à la gloire de Dieu.
En constatant mon intérêt pour la sauvegarde des valeurs familiales et mon militantisme au sein de l’Association catholique pour les familles, Mgr Agboka a élaboré un dossier et demandé au Gouvernement de bien vouloir me dégager de mes fonctions et me permettre de faire des études sur le mariage et la famille. C’est ainsi que je me suis retrouvé à l’Institut pontifical Jean-Paul II où j’ai fait un Master en Sciences du mariage et de la famille. Ce qui fait que je suis tout donné à l’église. Pendant que j’étais étudiant, il faisait le marché et l’apportait à mon épouse. C’était mon "papa" ! Et celui de toute ma famille. (Alain Hounyo, Président du Conseil national pour le laïcat, la famille et la vie)


