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27e dimanche du temps ordinaire-A

Le mystère du rejet de Dieu par son peuple

Par Père Antoine TIDJANI, BIBLISTE•7 octobre 2026•29 vues•Journal N° 1883
Le mystère du rejet de Dieu par son peuple

Père Antoine TIDJANI

L’homme du commun se scandalise en voyant des peuples dévastés par la guerre, l’injustice et la corruption, des peuples complètement perdus et sans repère. Il accuse Dieu d’être méchant. Mais il oublie de faire mention de l’endurcissement et de la fermeture de l’homme face à l’amour de Dieu. La première lecture expose la relation de Dieu avec son peuple, la maison d’Israël, la vigne dont Dieu est le propriétaire. Les premières lignes du chant du bien-aimé dépeignent l’amour plein de sollicitude dont Dieu entoure sa vigne pour qu’elle puisse donner des fruits dignes des soins reçus. « Il en retourna la terre et en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. Au milieu, il bâtit une tour de garde et creusa aussi un pressoir.» Il a fait le maximum que l’on puisse faire pour avoir un résultat excellent mais sa surprise a été si désagréable qu’il s’est étonné avec amertume : « pouvais-je faire pour ma vigne plus que je n’ai fait ? J’attendais de beaux raisins, pourquoi en a-t-elle donné de mauvais ?». On lit ici l’élection dont Israël a bénéficié parmi tous les peuples pour pouvoir les conduire à Dieu. Il atteindrait l’objectif fixé s’il se contentait d’être le phare qui illuminait les nations païennes et les conduisait vers le salut. Le langage de l’évangile est clair : Israël au lieu d’être serviteur de Dieu et devenir don pour les autres, a tenté d’éjecter Dieu hors de son œuvre pour en devenir le propriétaire. En fait, au lieu de produire des fruits de la conversion qu’attendait Dieu, il tue les serviteurs que Dieu envoie à son peuple jusqu’à tuer le Fils même de Dieu (Lc 4, 29). Les reproches d’Étienne à ce sujet ont été retentissants : « Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les témoins » (Ac 7, 52). Mais plutôt que de faire d’Israël le peuple qui a tué Dieu, il vaut mieux accepter que la responsabilité est commune et se cache sous le nom de l’athéisme. Quand l’homme refuse d’accueillir l’amour de Dieu dans sa vie, il rejette Dieu et se transforme en dieu. Il élabore ses propres lois et vit selon son bon vouloir personnel, ignorant Dieu et déclarant sa mort. C’est la tentation d’Adam et d’Ève dès l’aurore de la Création : être comme des dieux (Gn 3, 5).

Mais ce n’est qu’illusion. Tout peuple, tout homme qui n’accueille pas Dieu comme son bien absolu gère la terre ou sa propre vie en cherchant le bonheur ou le sens de la vie en lui-même. C’est là où il se heurte au non-sens. Comme on peut le lire dans la deuxième lecture, ce n’est que dans le Christ que l’on peut vivre tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur… tout ce qui s’appelle vertu et mérite des éloges (Ph 4, 8). En tentant de tuer Dieu et de l’éjecter de l’existence humaine, l’homme Africain et les peuples du monde ont semé la mort, et le mal n’a fait que gagner toujours plus la terre. C’est là l’origine de toutes nos guerres fratricides et de toutes les crises mondiales. Fort heureusement, le rejet de l’amour de Dieu proposé à un peuple ne ferme pas le cœur de Dieu à tous les peuples.

 

Dieu propose le salut à tous les peuples

La vigne de Dieu, comme le dit Isaïe, c’est Israël (Is 5, 7). Persécutée sur sa propre terre, elle a été replantée ailleurs. Aujourd’hui, elle a pour nom, Église ; c’est le nouvel Israël qui s’étend sur toute la terre et annonce à tous les peuples de la terre le Christ, la pierre rejetée par les bâtisseurs et devenue la pierre angulaire. C’est l’Église édifiée sur cette pierre angulaire que le psalmiste annonçait : « Son ombre a couvert les collines, ses pampres sont des cèdres de Dieu, elle a étendu ses sarments jusqu’à la mer et ses rejetons jusqu’au fleuve  » (Ps 80, 10-11).

 

(Is 5, 1-7 ; Ph 4, 6-9 ; Mt 21, 33-43)

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