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MGR ROGER HOUNGBEDJI

Dix ans d’épiscopat !

La Croix du Bénin•2 octobre 2026•45 vues•Journal N° 1883
Dix ans d’épiscopat !

Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, a célébré le jeudi 24 septembre 2026 ses 10 ans d'épiscopat en la Cathédrale Notre-Dame de Miséricordes de Cotonou

Le jeudi 24 septembre 2026, Mgr Roger Houngbédji, Archevêque métropolitain de Cotonou, a célébré 10 ans d’épiscopat lors d’une messe qu’il a lui-même présidée. Cette messe a été célébrée en la Cathédrale Notre-Dame de Miséricordes de Cotonou en présence d'un grand nombre de fidèles. En marge de cette action de grâce, le prélat a rendu officielle la parution de son nouveau livre : "Heureux ceux qui écoutent".

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Par Romaric DJOHOSSOU

►  Continuer à unir la prudence à l’agilité

Des personnalités politiques venues soutenir l'Archevêque de Cotonou

C’est en habit de chœur, soutane violette ceinte d’une bande de même couleur, le tout surmonté d’un surplis blanc que Mgr Roger Houngbédji est arrivé le 24 septembre 2026 à la Cathédrale Notre-Dame de Miséricordes de Cotonou. « On ne l’a plus jamais vu s’habiller ainsi », a déclaré un de ses prêtres accolé à la foule qui attendait impatiemment son arrivée. La chorale Adjogan, maniant adminirablement ses instruments de musique et d’apparat, entonne des chants d’action de grâce. Les cérémoniaires, les vicaires généraux et les fidèles mobilisés pour son accueil le conduisent dès sa descente de voiture sur le parvis de la cathédrale où il reçoit une étole, avant d’embrasser un crucifix et d’asperger d’eau bénite le peuple de Dieu.

Dans la procession d’entrée, un nombre impressionnant de prêtres, presque de toutes les paroisses et institutions du diocèse, se dirige vers l’autel. Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo, Mgr Roger Anoumou, évêque de Lokossa, et Mgr Clet Fèliho, évêque de Kandi, précèdent immédiatement l’heureux jubilaire. Dans une chasuble aux couleurs de fête, crosse argentée à la main, il gravit les marches du chœur où il préside la messe de son jubilé. Dès la signation, le Père Théophile Akoha, 1er vicaire général en charge des Institutions, proclame la bulle de bénédiction apostolique dans laquelle le Pape Léon XIV, tout en invoquant sur Mgr Houngbédji la protection de la Bienheureuse Vierge Marie, lui accorde affectueusement sa bénédiction. Il lui demande, « dans l’exercice de son ministère, de continuer à unir la prudence à l’agilité, la douceur à la force, la miséricorde à la justice ».

 

L’évêque de la charité

La liturgie poursuivant son cours, c’est à Mgr Antoine Ganyé, Archevêque émérite de Cotonou, qu’est revenue la charge de la prédication. Devant le parterre de personnalités dont le vice-président du Sénat, Louis Vlavonou, Pascal Irénée Koukpaki, membre du Sénat, et bien d’autres, le prélat félicite et encourage son successeur, car il s’agit de « dix années de ministère, dix années de rencontres, de joies et d’épreuves, de décisions et de discernements, de larmes parfois, d’espérance toujours ». Au travers de l’extrait du livre de Qohèleth, lu en ce jour, il a rappelé la fidélité du Seigneur qui demeure et met en garde contre « l’illusion de l’homme qui veut faire de ce qui passe, quelque chose qui demeure ». Ensuite, il ajoute : « L’évêque exerce son ministère et passe. Le Christ demeure. Et c’est pourquoi l’anniversaire d’un évêque est une action de grâce pour la fidélité du maître qui a soutenu son serviteur ». Revenant sur la devise épiscopale de Mgr Houngbédji, « Je me suis fait tout à tous, dans l’amour et la vérité », Mgr Ganyé a souligné qu’elle est une théologie du ministère épiscopal, et que la vérité dans l’amour constitue un chemin de salut.

Trois autres moments symboliques ont marqué cette célébration. D’abord l’allocution du Père Ambroise Lahatan à l’endroit de l'Archevêque de Cotonou pour son jubilé au nom du diocèse, la remise d’un cadeau au prélat et la mention de son livre intitulé Heureux ceux qui écoutent. L’ouvrage a été officiellement présenté le 25 septembre 2026 sur la paroisse Saint Jean-Baptiste de Cotonou. Là aussi, les différentes composantes de l’Église-Famille de Dieu à Cotonou ont répondu présentes. Trois communications ont balisé le chemin pour la compréhension de la dynamique et de la structuration du livre. L’ouvrage disponible aux Éditions Isidore de Souza (Ids) et à la librairie Notre-Dame, est vendu à 5.000 Fcfa.

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Par Propos recueillis par Michaël GOMÉ & Didier HOUNKPEKPIN

« Les défis à relever ne sont pas moindres »

Mgr Roger Houngbédji

Mgr Roger Houngbédji a été ordonné évêque le 24 septembre 2016 sur l’esplanade du Palais des Congrès à Cotonou. Le lendemain, il a été installé sur son siège métropolitain en la Cathédrale Notre-Dame de Miséricordes de Cotonou. Dans cette interview, il fait le bilan de la décennie écoulée. Il parle des avancées, notamment du Plan stratégique d’action pastorale, des poches de résistance.  Il se réjouit également de la contribution du peuple de Dieu et des âmes consacrées.

 

La Croix du Bénin : Dix ans d’épiscopat, quel bilan pourriez-vous faire ?

 

Mgr Roger Houngbédji : Les 10 ans d’épiscopat sur le siège métropolitain de Cotonou constituent selon moi une période d’initiation à ma mission d’évêque. Dans un jargon religieux, je parlerais de mon temps de noviciat : une période d’incubation et de prise de connaissance de ma mission d’évêque.

Avant tout propos, je dois d’abord rendre grâce à Dieu pour sa forte présence dans ma pauvre vie et dans celle du diocèse durant ces dix années de ministère. J’ai réalisé combien le Seigneur se fait proche de nous quand il nous choisit pour sa mission dans l’Église. Il ne nous oublie point. Il nous veut entièrement donnés à lui comme des instruments inutiles, des serviteurs entièrement commis à son service et qui s’en remettent à lui en tout état de cause. Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu’il nous a permis d’accomplir de bon, de beau et de merveilleux pour le diocèse.

Je lui rends grâce d’abord pour mes prêtres, mes proches collaborateurs, que j’ai appris à connaître et à aimer. La décision prise, juste au lendemain de mon ordination et de ma prise de possession canonique, de rencontrer chacun des prêtres du diocèse et de les écouter tous, a été pour moi une chance: j’ai beaucoup appris de ces premières rencontres. J’ai trouvé en eux le besoin d’être écoutés et d’être aidés, à la manière des fils envers leur père. Les dix ans de ministère ont été pour moi l’occasion d’expérimenter ce rapport de proximité personnelle vis-à-vis de chaque prêtre et des futurs prêtres. J’avoue n’avoir pas toujours répondu comme il se doit au besoin d’être écouté et de vivre avec eux une plus grande proximité. Les engagements pastoraux, les diverses sollicitations à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, la lourde charge de l’administration du diocèse se complexifiant au fil des ans, n’ont pas aidé à me rendre toujours disponible pour me faire plus proche d’eux.

Les échanges à cœur ouvert que j’ai initiés d’une part avec les curés et responsables d’institutions, et d’autre part avec les vicaires et aumôniers d’école m’ont permis de prendre une plus vive conscience des forces et faiblesses de ma gouvernance, et de voir dans quelle mesure œuvrer pour consolider les rapports et mieux répondre à ma mission dans le diocèse. Je rends grâce à Dieu pour la franche collaboration manifestée par bon nombre de prêtres à notre mission commune depuis la tenue desdites rencontres. Je remercie particulièrement le vicariat du clergé, y compris les différents vicaires épiscopaux en charge du clergé qui se sont succédé, pour leur forte contribution à l’amélioration de la communion fraternelle dans les fraternités sacerdotales.

Avec les consacrés du diocèse (les Instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique), nous avons fait aussi un bon parcours. Plusieurs rencontres ont eu lieu avec les Supérieurs majeurs des différents Instituts, et les moments d’évaluation de l’année pastorale ont été aussi l’occasion de rencontrer et d’écouter les membres des différents Instituts. Les célébrations de la Journée Mondiale de la Vie Consacrée, les Chapitres et d’autres rencontres ont également permis de prendre une vive conscience de la part importante que prennent les Instituts religieux dans la pastorale du diocèse. Je bénis le Seigneur et je remercie sincèrement le vicaire épiscopal en charge de la vie consacrée pour ses initiatives et son dévouement aux côtés des consacrés.

Je rends grâce également pour la présence des fidèles laïcs (adultes, jeunes et enfants) dans la vie du diocèse. Ils constituent la part importante de la portion du peuple de Dieu confiée à notre charge. Les visites pastorales canoniques, les évaluations de fin d’année pastorale, de même que les diverses célébrations paroissiales ont été des moments de rencontre et d’échange avec eux. Les catéchèses à l’endroit des jeunes et les pèlerinages de l’Enfance missionnaire m’ont permis à maintes reprises de rencontrer les jeunes et les enfants et d’échanger avec eux, de les écouter et de répondre à leurs préoccupations. Je remercie les différents vicaires épiscopaux en charge des familles, de même que les aumôniers de la jeunesse et de l’Enfance missionnaire pour leur amour de l’Église et leur dévouement à tous égards.

 

Avez-vous des motifs d’encouragement ?

Mes motifs d’encouragement après ces dix années de ministère épiscopal à Cotonou tournent autour de l’adoption et de la mise en œuvre du Plan Stratégique d’Action Pastorale (Psap) comme outil d’évangélisation dans le diocèse. L’écoute des agents pastoraux dès les premiers temps de mon ministère m’a permis de percevoir l’urgence de se doter d’un Plan stratégique qui prenne en compte les acquis pastoraux légués par mes prédécesseurs. Il s’agit plus précisément d’élaborer une vision de pastorale d’ensemble pour le diocèse, fixer une mission spécifique à accomplir et se donner des objectifs stratégiques à atteindre dans un délai bien déterminé. Je suis heureux de noter, après dix ans d’expérience, que le Psap 1 (commencé en 2017 et achevé en 2022), et le Psap 2 (initié en 2023 et devant s’achever en 2030) impactent positivement la vie du diocèse.

Les objectifs du premier Plan (foi authentique, communion fraternelle, bonne gouvernance) sont atteints à plus de 80% et commencent à produire des fruits en matière du vécu de la foi, de la qualité des relations interpersonnelles et de l’assainissement dans la gestion et la pérennisation de nos Institutions. L’élaboration du Psap 2, beaucoup plus inclusive, a été l’œuvre de toutes les composantes de la vie diocésaine et s’inscrit dans la continuité du premier Plan, avec comme finalité de faire des fils et filles du diocèse, des intendants fidèles et avisés. Les axes stratégiques de ce Plan (témoignage et impact positif, auto-prise en charge des institutions, inclusion pastorale et écologie intégrale) sont en pleine réalisation et pourront, à terme, donner une nouvelle configuration à notre diocèse. Il est à souligner que les défis à relever ne sont pas moindres.

 

Quels sont les défis futurs ?

Depuis l’adoption du Psap 1 et tout au long de sa mise à exécution, les défis majeurs auxquels nous nous sommes confrontés sont les poches de résistance. Il était difficile de faire comprendre le bien-fondé du Plan stratégique en ses débuts, du moment où toute nouveauté du genre semblait mal perçue, compte tenu des changements d’habitudes qu’elle suppose. Le Plan en tant qu’outil d’évangélisation venait en effet comme pour bousculer les anciennes habitudes. Même si actuellement, la grande majorité des fils et filles du diocèse finit par reconnaître la pertinence d’un Plan stratégique, certains lieux de résistance persistent toujours. D’où l’importance de veiller à ne pas baisser la garde et de poursuivre la marche commune, en invitant tout le monde à se mettre à la tâche pour relever ensemble les défis pastoraux du diocèse.

Un autre défi lié au Plan stratégique est la mise à exécution effective des orientations et directives pastorales issues du Plan. Ces décisions, bien connues de tous, indiquent clairement les actes majeurs à poser pour que les mauvaises habitudes changent. Mais l’expérience montre que la mise à exécution effective de ces décisions pose problème par endroits, ce qui ne permet pas d’impacter positivement la vie diocésaine. Nous devons nous rendre compte que nous sommes tous responsables, à divers niveaux, de la vie du diocèse que le Seigneur nous a confié et que chacun, en tant que membre d’un seul corps, doit apporter sa contribution pour l’édification de notre Église diocésaine.

 

Quelles actions envisagez-vous  pour la décennie à venir ?

J’invite tous les fils et filles du diocèse à être fiers de leur diocèse et à toujours donner le meilleur d’eux-mêmes pour l'accomplissement de notre mission commune. En dehors des objectifs stratégiques de notre Psap 2 auxquels j’invite chacun à travailler en donnant le meilleur de lui-même, je demande à tous les fils et filles du diocèse de bien vouloir s’investir, dans les limites des moyens exigés, pour la construction de notre Curie diocésaine. C’est là le défi commun à réaliser dans les prochaines années. Nous engager à réaliser cette œuvre commune serait la preuve tangible de notre capacité à nous prendre en charge et à réaliser les œuvres qui contribuent au rayonnement de notre diocèse. Puisse le Seigneur nous bénir et nous donner en abondance les moyens d’y parvenir !

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► Dix années sous le signe de l’amour et de la vérité

Mgr Antoine Ganyé

Il y a 10 ans, Mgr Antoine Ganyé passait le témoin à son successeur à la tête de l’Archidiocèse de Cotonou. Ayant pris sa retraite, le prélat apporte sa contribution, autant que possible, à la pastorale de Mgr Roger Houngbédji. Il lui rend hommage en relevant les qualités humaines qu’il a déployées au cours de ses 10 années d’épiscopat.

«Rendez grâce au Seigneur car il est bon ; éternel est son amour » (Ps 136, 1). Les noces d’étain épiscopales de Son Excellence Monseigneur Roger Houngbédji constituent une célébration de la fidélité de Dieu. Elles invitent à relire le chemin parcouru, à reconnaître les œuvres accomplies par la grâce divine et à renouveler l’espérance pour l’avenir.

Dix années se sont écoulées depuis que le Seigneur l’a appelé à recevoir la plénitude du sacerdoce et à prendre la tête de l’Église particulière de Cotonou. Dix années durant lesquelles il s’est dépensé sans compter au service de l’Évangile, de la communion ecclésiale et du peuple de Dieu. Pour moi, cette commémoration revêt une résonance particulière.

Elle me ramène inévitablement à cette journée mémorable du samedi 24 septembre 2016, où la Providence divine me donnait la grâce de remettre entre les mains de mon successeur la charge pastorale que j’avais moi-même reçue de l’Église quelques années auparavant.

Pour un évêque, le passage de témoin n’est jamais un simple acte administratif, mais un acte spirituel profondément enraciné dans la foi. L’évêque comprend alors plus intensément que l’Église n’est pas son œuvre, mais celle du Christ ; qu’il n’en est pas le propriétaire, mais le serviteur.

Je me souviens de la paix intérieure qui m’habitait en ce moment. Cette paix naissait de la conviction que l’Esprit Saint, qui ne cesse jamais de conduire son Église, avait préparé pour notre Archidiocèse un pasteur selon le cœur de Dieu : un religieux dominicain passionné de la Parole de Dieu, un bibliste à l’intelligence lumineuse de l’Écriture Sainte, un formateur exigeant et attentif, un prêtre profondément attaché à l’Église.

Les années qui ont suivi m’ont permis d’apprécier davantage encore la qualité de l’homme, la profondeur du croyant et la sagesse du pasteur. Le 24 septembre 2016 demeure une date gravée dans la mémoire de notre Église. Je revois encore le recueillement de cette liturgie solennelle. Je revois le regard calme de celui qui allait recevoir la charge apostolique.

Cette sérénité n’était pas celle d’un homme qui compterait sur ses seules compétences humaines. Elle était celle d’un disciple qui avait appris à s’abandonner à la volonté de Dieu. Depuis lors, dix années se sont écoulées.

Dix années durant lesquelles Monseigneur Roger Houngbédji s’est appliqué à vivre pleinement sa devise : « Omnia omnibus factus sum, in caritate et in veritate » (Je me suis fait tout à tous, dans l’amour et dans la vérité. Une expression inspirée de Saint Paul ; 1 Co 9, 22). La mission de l’Église ne peut jamais séparer la charité de la vérité, la compassion de l’exigence évangélique, l’accueil de la Parole de Dieu. Avec ces dix années, cette devise est devenue une réalité vécue.

Ce qui frappe chez Monseigneur Roger Houngbédji, c’est sa profonde humanité. Sous une apparence parfois impressionnante se cache un homme d’une grande douceur. Un homme respectueux des personnes. Un homme capable d’écoute. Un homme attentif aux joies comme aux blessures de ceux qu’il rencontre. Un homme qui préfère bâtir des ponts plutôt que des murs.

Dans une société où les tensions et les divisions menacent souvent la cohésion humaine, il s’est constamment révélé être un artisan de paix et de révélation. Cette qualité est le fruit d’une longue fréquentation du Christ, Prince de la Paix. Elle est le signe visible d’une âme profondément enracinée dans l’Évangile.

Bibliste reconnu, il a toujours considéré la prédication comme l’une des missions les plus nobles du ministère épiscopal. Ses homélies témoignent d’une remarquable profondeur théologique alliée à une attention constante aux réalités concrètes du peuple de Dieu. Elles constituent un véritable trésor spirituel.

Parmi les nombreux aspects de son gouvernement pastoral, il convient également de souligner l’importance de ses lettres pastorales. Certaines ont particulièrement marqué ma réflexion personnelle. Je pense à ses enseignements sur la défense de la vie humaine, don sacré reçu de Dieu. Je pense également à son plaidoyer constant en faveur de l’auto-prise en charge de l’Église.

Il a compris avec lucidité que l’avenir de l’Église en Afrique passe nécessairement par une plus grande responsabilité de ses propres fils et filles. Il a invité les fidèles à dépasser toute mentalité de dépendance et de mendicité, pour entrer dans une dynamique de co-responsabilité. Son appel ne relève pas seulement de considérations matérielles. Il exprime une véritable vision ecclésiologique. Une Église adulte est une Église qui assume sa mission avec responsabilité. Une Église adulte est une Église qui offre autant qu’elle reçoit. Une Église adulte est une Église qui comprend que l’évangélisation est l’affaire de tous.

Durant cette décennie, Monseigneur Roger Houngbédji a également accordé une attention particulière à la formation du clergé, à l’accompagnement des Séminaristes et des jeunes prêtres, à la promotion de la vie consacrée et à l’engagement missionnaire des laïcs. à travers toutes ces initiatives apparaît une même cohérence pastorale: construire une Église solide parce qu’enracinée dans le Christ.

Aujourd’hui, à l’heure où nous célébrons ces noces d’étain, nous ne regardons pas seulement le passé. Nous tournons aussi nos regards vers l’avenir. L’étain est un métal qui résiste à l’épreuve du temps tout en conservant son éclat. Il symbolise admirablement ces dix années de ministère épiscopal : une fidélité éprouvée, une espérance préservée et un engagement demeuré intact.

En contemplant le chemin parcouru, mon cœur d’Archevêque émérite se remplit d’une profonde gratitude. Je rends grâce à Dieu pour le pasteur qu’il a donné à notre Archidiocèse. Je rends grâce pour son dévouement. Je rends grâce pour sa fidélité. Je rends grâce pour sa sagesse. Je rends grâce pour son témoignage d’humilité. Je rends grâce pour son amour de l’Église. Je rends grâce pour sa persévérance au milieu des défis et des exigences de la mission.

Dix années plus tard, l’Église de Cotonou peut rendre grâce pour le chemin parcouru. Certes, l’œuvre de Dieu ne se mesure pas uniquement aux réalisations visibles. Elle se mesure aussi à la croissance silencieuse des consciences, à la maturation de la foi, à la persévérance des fidèles, à l’éclosion des vocations et à la vitalité de la communion ecclésiale. Sous ce rapport, les fruits de ce ministère sont nombreux et prometteurs.

Daigne l’Esprit Saint renouveler chaque jour en lui l’ardeur apostolique des commencements !

Que par l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame de Miséricorde, Patronne de l’Archidiocèse de Cotonou, son ministère demeure fécond !

Et que notre Église diocésaine continue de trouver en lui un père aimant, un maître dans la foi, un guide éclairé et un témoin crédible de l’Évangile !

à l’occasion de cet heureux jubilé, je lui adresse mes vœux les plus fraternels et les plus fervents.

Ad multos annos, Excellence ! Que Dieu vous accorde encore de longues et fécondes années au service de son église ! Avec ma prière, mon affection fraternelle et ma profonde gratitude.

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Par El Hadj Yacoubou Malèhossou, Médiateur de la communauté musulmane du Bénin

« Le diocèse de Cotonou a un patron différent des autres »

El Hadj Yacoubou Malèhossou

Mgr Roger Houngbédji est notre ami. Il est l’ami des fidèles musulmans, des Imams et Alphas du Bénin. Il s’est fait ami de tous les religieux, sans distinction. Lorsque nous avons voulu inaugurer la Radio-Télévision La Voix des fidèles croyants, dont je suis le promoteur, je l’ai invité. Ces deux organes de presse que j’ai mis sur pied ont été conçus comme porte-voix de toutes les confessions religieuses au Bénin : Islam, Christianisme, Protestantisme, religions endogènes, etc. Nous sommes le groupe de presse qui promeut cette ligne éditoriale. Et contre toute attente, Mgr l’Archevêque de Cotonou est venu à la cérémonie d’inauguration et a même pris la parole pour s’exprimer en direct. Il a prêché, parlé de Dieu, de Jésus-Christ et a béni le peuple de Dieu au Bénin et dans le monde. C’était à ma grande satisfaction. Ce jour-là, j’ai dit que mon objectif a été atteint.

 Dans les tout prochains jours, les Imams, Alphas membres de la Fondation Malèhossou iront rendre hommage à Mgr Roger Houngbédji pour ses 10 ans d’épiscopat. Je vous souffle que cela fait bientôt 3 ans qu’il est venu lui-même couper le jeûne du Ramadan chez nous. Il était venu avec des vivres et tout ce qui va avec en utilisant ses moyens personnels. De mémoire d’homme, c’est la première fois que je vois une telle démarche d’un religieux envers nous à Cotonou. Nous avons considéré cela comme inédit et nous l’avons décoré. Le diocèse de Cotonou et la Conférence épiscopale du Bénin dont il est le président ont un patron différent des autres. Il est exemplaire. Nous demandons au Seigneur de lui donner la longévité. Il fait partie de ceux qui ont l’esprit d’unité et d’union. Il est humble et d’un charisme particulier. Dieu lui a donné la force de réunir tout le monde.

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Par Sa Majesté Corneille Couchoro, Président du Cadre de concertation des confessions religieuses

« Mgr Houngbédji a travaillé avec abnégation »

Sa Majesté Corneille Couchoro

Le Cadre de concertation des confessions religieuses (Cccr) que j’ai l’honneur de présider a assisté le 24 septembre en la Cathédrale Notre-Dame de Miséricordes, à célébration des 10 ans d’épiscopat de Mgr Roger Houngbédji.

J’ai écouté avec ma délégation composée de six personnes, les éloges pour le travail abattu par l’Archevêque en 10 ans. C’est un travail divin. Tout ce qui a été réalisé n’est pas possible sans la main de Dieu, le Créateur. Avec foi, il a fait face aux servitudes qu'exige l’occupation du siège épiscopal. Il a travaillé avec abnégation avec l’aide de Dieu. Si j’ai bien compris, en 10 ans, il a ordonné plus de 100 prêtres. Quand vous êtes nommé à un poste, il faut assumer les charges de vos fonctions avec foi et résolution. L’exemple de l’Archevêque de Cotonou est à suivre.

Nous lui souhaitons de continuer avec cet élan pour le développement de l’église catholique et du Bénin. L’impact, ce n’est pas seulement l’église catholique qui en bénéficie. C’est tout le monde. Si on prend le développement de la famille de chacun des plus de 100 prêtres qu’il a ordonnés, la contribution sur le plan social est énorme. Et toutes les familles qui bénéficient de ce développement ne sont pas catholiques. Adeptes des religions endogènes, musulmans et membres d'autres confessions sont impactés. Notre souhait est que l’église catholique cesse d’être membre observateur dans le Cccr pour devenir membre à part entière. Que l’église catholique intègre le Cadre pour qu’ensemble, on contribue au développement de ce pays. Le Cadre aujourd'hui a changé après une grande toilette (...).

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Par Père Nathanaël Yaovi Soédé, Aumônier national des cadres et personnalités politiques

«La pastorale sociopolitique de Mgr Roger Houngbédji se résume dans le concept d’écoute »

Père Nathanaël Yaovi Soédé

Durant ses 10 ans d’épiscopat, la pastorale sociopolitique de Mgr Roger Houngbédji s’est inscrite dans celle de la Conférence épiscopale dont il est l’actuel Président. Elle est marquée, de façon particulière, par la gouvernance du régime de la rupture. La parole, les actions, les différentes initiatives de la Conférence épiscopale sur le plan sociopolitique ont invité les citoyens et les gouvernants à constamment considérer la politique, après la religion, comme la plus haute forme de service et de charité (cf. Papes Pie XI et François).

Qui dit charité au sein de la Nation qui, par nature, vise le bien commun parle du droit et du devoir de tous à la construction du pays au niveau du travail, de la juste rémunération, de la gouvernance (loi électorale non partisane, vote et proclamation crédible des résultats), des mesures pour le relèvement et le progrès du pays. Ces dernières reposent sur les fondamentaux de son développement : la cohésion sociale, le pardon mutuel, la réconciliation pour sortir des crises, croître en humanité et en développement social, moral et spirituel.

En soulignant dans plusieurs Messages et Lettres pastorales que le Bénin, par le passé, a étonné et a été un modèle pour les autres pays par sa capacité à s’ouvrir à ces valeurs, la Céb a constamment recommandé que leur base, la Conférence nationale, soit par son esprit de réconciliation et de reconstruction nationales, un héritage que le Bénin enrichisse au bénéfice de ses enfants.

Sur ce plan, le Jubilaire et l’ensemble de la Céb ont la mission prophétique de rappeler à nous tous, bâtisseurs du Bénin, le devoir de garder pérennes la mémoire et l’esprit de la Conférence nationale dans toutes les initiatives de développement. Ce devoir inclut celui d’œuvrer pour l’unité et la réconciliation nationale qui aboutissent au pardon mutuel, à la libération des personnes en détention ou au retour au bercail des personnes en exil pour des raisons à caractère politique, à la jouissance des droits dont on a été injustement privés. Ce processus de reconstruction devra conduire le Bénin à un consensus autour de la vie citoyenne et d'une gouvernance qui garantisse l’essor des progrès remarquables de notre pays en matière d’infrastructures et d’actions économiques et sociales.

Ce défi ne serait-il pas l’écoute vraie du cri du peuple béninois qui se fait entendre de partout dans la Cité et l’écoute de la Parole de Dieu pour y répondre ? Mgr Houngbédji mentionne, dans son livre-Jubilé, (Heureux ceux qui écoutent, IdS, 2026) les Lettres pastorales majeures de l’église dont la mission est d’être le témoin de Dieu qui écoute la voix de l’opprimé et nous envoie, citoyens et bâtisseurs de la Cité, le délivrer et non le soumettre au joug des conditions de vie et des lois que nous-mêmes ne pouvons souffrir. Notons : Convertissez-vous et le Bénin vivra, La vérité vous rendra libres ; Déclaration sur le Code électoral et la paix sociale. Pour Mgr Houngbédji, l’église a écouté et a parlé. à-t-elle été écoutée ? On rendra compte, un jour, que prophète, elle a parlé à temps (cf. Ez 33, 33). Peuple Béninois, souviens-toi et relève ton pays!

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