Le jour des morts
Connaissez-vous le jour de l’année où l’église prie spécialement pour les défunts ? C’est le 2 novembre : commémoration de tous les fidèles défunts. La conviction que les vivants ont à prier pour les morts s’est établie dès les premiers temps du Christianisme. Disons même que dans nos traditions africaines, le culte rendu aux morts rentre dans cette même dynamique à plusieurs égards.
Et tout ce qui est fait autour de cette commémoration montre que le langage humain est tout à fait inadapté à l’évocation de la situation des défunts. Ils échappent en effet désormais à nos notions de temps et d’espace. C’est donc en termes très approximatifs qu’on peut parler de la miséricorde à solliciter de Dieu pour ceux qui n’ont « pas encore » été admis à participer à sa béatitude. Dans l’église, l’idée d’une journée spéciale de commémoration des défunts a vu le jour de divers côtés au cours des dix premiers siècles et souvent déjà, on avait pris l’habitude de la situer dans le prolongement immédiat de la Toussaint, pratique qui s’est généralisée et officialisée à partir du XIe siècle. Le lien établi avec la Toussaint répond à une vue cohérente : le 1er novembre, l’église célèbre dans l’allégresse la fête de tous les Saints connus et inconnus, c’est-à-dire de tous ceux qui sont « déjà » admis à partager le bonheur de Dieu ; comment dès lors ne pas aussi penser aux autres, c’est-à-dire à ceux qui, ayant également quitté ce monde, ne font « pas encore » partie de celui des saints ?
Le 2 novembre, Jour des Morts, ou selon le langage liturgique, commémoration de tous les fidèles défunts, toutes les messes sont célébrées pour l’ensemble des défunts, et les chrétiens sont invités à se joindre par la prière, et si possible par la participation à la messe, à ce vaste mouvement de solidarité spirituelle.
On peut penser que cette vision d’espérance n’est pas tout à fait étrangère aux foules qui se rendent dans les cimetières en ces journées.


