Communiqué
(Communiqué du Père Gaston Aïtondji)
À la suite des développements qu’a suscitée sa communication au Colloque scientifique tenu à l’Institut pontifical Saint Jean-Paul II, section Afrique francophone à Cotonou, le Père Gaston Aïtondji apporte quelques éclaircissements, tout en regrettant que certaines personnes s’y soient reconnues blessées du fait du traitement médiatique de ses propos.
Le 28 mai 2026, à l’Institut Saint Jean-Paul II s’est tenu un colloque organisé par l’archidiocèse de Cotonou, sur le thème : Le Sujet culturel Sud-béninois et défis culturels posés à la foi. À cette occasion, il m’a été demandé de donner une communication sur : Quelques défis posés à la foi chrétienne : « Fá », « Vodún » et « Hǒxò ». Elle a été présentée conformément à certains résultats de mes recherches. Cependant certaines personnes se sont offusquées de ma pensée et se sont exprimées sur les réseaux sociaux. Ce qui m’amène à clarifier ce qui suit :
La communication, fruit de mes recherches scientifiques et donnée dans un cadre académique, vise à manifester la différence entre le « culturel » (Hwɛ̀ndò) et le « cultuel » (Hùndò) et les niveaux de circularité qu’il est possible d’envisager entre eux à partir de la cohérence rationnelle propre à nos ancêtres. Et il est établi scientifiquement que la promotion d’une certaine fierté culturelle doit nécessairement aller de pair avec un nécessaire chemin d’approfondissement critique de cet héritage culturel.
Par le présent communiqué, je tiens à préciser ce qui suit :
Mon expression n’a été et ne peut être contre une quelconque religion. Bien au contraire. J’ai montré clairement qu’il n’est pas indiqué que nous continuions à évaluer et approfondir nos cultures et traditions culturelles avec une posture rationnelle et une épistémologie qui n’est pas propre à nos ancêtres. En tant que vice-président de la Commission Diocésaine pour le Dialogue interreligieux et l’œcuménisme, mon parcours atteste de l’importance que j’accorde à la communion et au dialogue entre les religions.
Je suis convaincu que nos cultures et nos traditions culturelles regorgent de beaucoup de semences de Bien, de Vrai et de Beau. Mais il nous faut travailler à les mettre en évidence de façon critique, sans préjugés et sans idéologie.
De ma rencontre avec le Christ, j’ai appris la nécessité d’aller à la rencontre de tout homme sans préjugés, et dans l’ouverture à tout ce que Dieu a déposé de Vrai, de Bien et de Beau en lui.
Toute culture, quelle qu’elle soit, peut se vanter d’avoir des choses à valoriser. Mais du moment où aucune œuvre humaine n’est parfaite, l’effort de valorisation de notre culture et de nos traditions culturelles demeure un chantier à conduire de façon responsable, dans la vérité et la sincérité.
Je souhaite vivement que l’on réécoute posément et de façon dépassionnée ce que j’ai dit dans mon intervention. Cela permettra de se rendre compte de la logique et de la pertinence des conclusions rapportées.
Dans un pays où le « Vodun » est désormais à l’université et des universitaires s’en portent garants, on ne peut redouter qu’il fasse objet d’études critiques et rationnelles. C’est la mission de l’université : un cadre d’étude scientifique et d’approfondissement critique et rationnel de tout universal. J’exhorte, d’autres universitaires à prolonger ce travail scientifiquement, même au prix de démentir mes conclusions. C’est de la confrontation des idées que la vérité jaillit.
Je regrette sincèrement le trouble que la diffusion tronquée de mon intervention a pu causer chez certains de nos compatriotes, ainsi que la peine ressentie par ceux qui, de bonne foi, s’y sont reconnus blessés. Là n’était ni mon intention ni le sens de ma démarche. Si des mots, isolés de leur contexte académique, ont pu heurter des sensibilités que je respecte profondément, je le déplore et tiens à assurer chacun qu’aucune de mes recherches n’a jamais visé à offenser une croyance, une tradition ou une personne.
En tout état de cause, le Bénin est à nous, et sa construction incombe à tous sans exception. C’est une responsabilité collective. Elle n’est pas réservée à quelques privilégiés. Je réaffirme mon attachement profond à nos valeurs et ma fierté d’être béninois, tout en priant les uns et les autres de penser mûrement, sincèrement et en toute conscience au Bénin que nous sommes disposés à laisser à nos enfants et à l’histoire.
Fait à Ouidah, ce 27 juillet 2026





