Les prêtres parlent de leurs conditions de vie

En haut, prêtres et évêques au cours des travaux de la 7e Assemblée provinciale de l'Ucb à Ouidah, le mardi 3 février 2026. En bas, prêtres en procession pour la messe de clôture de l'Ucb à la cathédrale de Djougou, le 23 janvier 2026
ont tenu leurs Assemblées provinciales biennales. Au coeur des échanges : les conditions sanitaires, matérielles et financières du prêtre béninois
aujourd’hui. Deux rencontres distinctes, mais d'une même urgence ecclésiale portée par un fort esprit de fraternité et d'engagements concrets dont
l’établissement d’un mémorandum rassemblant l’ensemble des mesures préconisées.
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► Désir de marcher ensemble dans la solidarité
Par Innocent ADOVI

Au Grand Séminaire Saint Gall, les prêtres en séance de travail
« Poser les bases sûres pour garantir une honnête subsistance »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Mgr Antoine Sabi Bio, Évêque de Natitingou, président de la Commission chargée du Clergé et des Séminaires
La réflexion sur la vie matérielle du prêtre béninois est plus qu’une nécessité. C’est une urgence. Les évêques se réjouissent déjà et souhaitent que cette 7e Assemblée provinciale soit une belle occasion d’en discuter afin de poser les bases sûres pour garantir une honnête subsistance aux prêtres béninois. Voici ce que nous dit le Code du Droit Canonique en vigueur : « Les prêtres consacrent leur vie au service de Dieu en accomplissant la fonction qui leur est confiée ; ils méritent donc de recevoir une juste rémunération » (Can. 281). Et le Saint Concile Vatican II renchérit : « Là où rien d’autre n’existe pour assurer cette juste rémunération aux prêtres, faire le nécessaire pour leur assurer un niveau de vie suffisant et digne, est à proprement parler, une obligation pour les chrétiens, puisque c’est à leur service que les prêtres consacrent leur activité » (Presbyterorum Ordinis, n°20). Nous sommes donc tous concernés et nous avons le devoir de chercher et de trouver ensemble les voies et moyens pour la mise en œuvre des propositions issues de cette 7e Assemblée provinciale tenue dans les deux provinces ecclésiastiques de Cotonou et de Parakou. Que les résultats de nos assises ne soient pas des documents de bibliothèque, mais des boussoles pour la recherche de solutions communes et durables !
« C’est à nous aujourd’hui de donner une réponse concrète »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Mgr Roger Houngbédji, Président de la Conférence épiscopale du Bénin
Voulue par nos aînés comme un creuset de communion et d’échanges, l’Union du clergé béninois (Ucb) est devenue aujourd’hui le précieux creuset qui favorise nos rencontres au plan national et provincial, pour mieux nous connaître et pouvoir marcher la main dans la main. Je suis heureux de voir combien le thème des présentes assises rejoint celui adopté par l’Archidiocèse de Cotonou pour les deux prochaines années, à savoir la question de l’auto-prise en charge à partir de l’injonction de Jésus : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ce thème, au-delà des considérations pratiques, économiques et organisationnelles, est une vive interpellation par rapport à notre capacité à nous mettre ensemble. Nous mettre ensemble comme une même église-Famille de Dieu au Bénin pour affronter les défis communs.
Avant d’être une question économique, c’est une question de foi, théologique et spirituelle. Je souhaite donc que nos réflexions tiennent compte de la dimension théologique de ce thème. J’exprime également le souhait, en ce qui concerne le domaine de la santé, que nos réflexions n’excluent pas nos frères et sœurs démunis, qui n’ont pas assez de moyens pour se soigner convenablement, et pour qui les solutions proposées par l’état sont encore inaccessibles ou insuffisantes. L’injonction : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » est adressée aux disciples et non aux foules. C’est à nous aujourd’hui d’y donner une réponse concrète.
« Il faut être membre de cette Union de façon existentielle »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI)
Je n'étais pas le plus âgé de cette Assemblée. Il y avait le Père Julien Pénoukou, 83 ans et le Père Cyprien Tindo qui a plus de 80 ans. J'ai toujours cru à l'Ucb et j'y croirai jusqu'au bout. Comme prêtre, on est par essence de l'Ucb. Mais il faut être membre de cette Union de façon existentielle. J'encourage les jeunes prêtres à y croire, à y militer et à faire l'effort d'être frères, et d'accueillir l'autre comme frère.
Quant au thème traité cette année, il est très pertinent. Il y a une certaine urgence, une certaine nécessité de réfléchir sur la santé physique, mentale, intellectuelle et morale du prêtre béninois. L’aspect physique, matériel et financier de son ministère est non négligeable. Mais il faudrait aussi, comme l'a rappelé le Père Julien Pénoukou d'ailleurs, des fondements basiques pour pouvoir réellement tendre vers cet idéal d'un mieux-être matériel, financier et sanitaire des prêtres.
« Éviter le "chacun pour soi" »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Mgr Aristide Gonsallo, Évêque de Porto-Novo
L’esprit de fraternité et de communion doit effectivement présider aux démarches que nous entreprenons pour répondre à la question des conditions de vie du prêtre béninois. Il faut prioriser les initiatives solidaires, la vision d’ensemble. Nous devons travailler à mettre en place des structures au service de tous, et non au service de quelques-uns et éviter le « chacun pour soi ». Avoir un « chez-soi », c’est normal. Il faut avoir des garanties sécuritaires, mais il ne faut pas que ce soit au détriment des autres.
« Ces assises nous appellent à l’action »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Père Hubert Kêdowidé, Délégué national de l’Ucb
Ces assises sont pour nous une grâce exceptionnelle qu’il nous faut accueillir comme un signe manifeste de la Providence divine, qui nous offre gracieusement cette année nouvelle au sortir de celle jubilaire de l’espérance qui nous a comblés de tant de grâces ; mais qui nous appelle aussi à l’action face aux situations de difficultés de notre église, et surtout de notre clergé dont certains membres nous ont quitté quelquefois dans le dénuement ou foudroyés brutalement par la maladie. Ces départs interpellent nos consciences et poussent à une réflexion urgente pour l’épiphanie d’une solidarité non plus au bout des lèvres mais plus agissante aux niveaux spirituel, affectif, sanitaire, financier et matériel pour des conditions de vie digne, afin que les prêtres béninois puissent désormais exercer leur ministère avec dévouement et sérénité.
Même si le sacerdoce, comme l’affirmait un prélat africain, n’est pas une fonction qui appelle à un salaire, mais une onction qui rappelle le calvaire, un prêtre qui doit se battre nuit et jour pour sa survie quotidienne ou pour avoir le minimum pour son bien-être sanitaire, peut-il avoir le temps et les ressources nécessaires pour mener à bien son ministère spirituel ? Autrement dit, même si les prêtres sont appelés à être des témoins de pauvreté et de détachement, ne doivent-ils pas disposer des ressources minimales pour nourrir leur propre corps, se déplacer, se soigner et surtout pour financer leurs activités pastorales et sociales ? Ma prière est que ce séjour de Ouidah devienne inoubliable et soit à jamais gravé dans les annales de notre histoire commune, pour que désormais le prêtre soit au meilleur service du peuple de Dieu.
« Il faudra commencer par la solidarité »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Mgr Coffi Roger Anoumou, Évêque de Lokossa
Le sujet des conditions de vie matérielles et sanitaires est une grande préoccupation pour tous les évêques du Bénin. Dans la réalité, c’est dur. Il n’y aura pas de miracle qui tombe du ciel. Nous sommes invités à l’action. Il faudra commencer par la solidarité, la mise en commun et la redistribution. Nous sommes dans une église synodale qui nous invite à travailler ensemble.
« Restez dans la fraternité jusqu’au bout »
Par Propos recueillis par Didier HOUNKPÈKPIN & Innocent ADOVI

Père Fortuné Gonsallo, Délégué national adjoint de l’Ucb
Je voudrais prodiguer trois conseils aux nouveaux prêtres que nous avons accueillis au cours de cette 7e Assemblée provinciale. Le premier se résume dans ces paroles que l’évêque prononce à l’ordination lors de la remise du calice et de la paterne : « Recevez l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu ! Ayez conscience de ce que vous ferez ! Imitez dans votre vie ce que vous accomplirez par ces rites, et conformez-vous aux mystères de la Croix du Seigneur !».
Ces paroles nous font prendre conscience que nous « manipulons » quelque chose de grand. Le deuxième conseil est une invitation à la prudence par rapport à tout ce qui peut être filmé, photographié et dit. Puisque tout cela peut être utilisé pour détruire. Que tout ce que vous allez faire dans ce sens découle d’une opportunité. Le troisième point est une invitation à croire à la fraternité sacerdotale. La fraternité est une réalité de fait, alors que l’amitié est un choix. Ne soyez pas découragés par ce que vous entendez ou par les expériences que vous ferez. Restez dans la fraternité jusqu’au bout.
Communiqué final-Province ecclésiastique de Parakou
Par Père Mérimé YOKOSSI, Secrétaire National de l'Ucb

Père Mérimé YOKOSSI, Secrétaire National de l'Ucb
Au terme de la 7e Assemblée provinciale de l’Union du Clergé béninois à Djougou, les prêtres réunis au Centre pastoral Saint Ambroise de Djougou ont pris les résolutions suivantes :
- Considérant que le prêtre, homme de Dieu, consacré par l’onction sacerdotale et envoyé pour servir le peuple de Dieu, est avant tout un homme, osons le dire, un homme comme les autres, et en même temps un homme au service des autres,
- Considérant que cet homme-prêtre a des besoins et que la réussite de sa vie d’homme et de prêtre dépend en grande partie de la satisfaction de ses besoins fondamentaux : se soigner, se nourrir, se loger, s’instruire et se vêtir,
- Considérant que le prêtre a besoin d’une bonne couverture sanitaire, d’être en bonne santé et de bien se soigner quand il est malade, pour mieux travailler,
- Considérant que le prêtre a besoin d’un minimum vital pour se mettre à l’abri du besoin et mieux se concentrer sur sa mission,
- Considérant que le prêtre, comme un médecin, a besoin des outils nécessaires à sa mission pour mieux servir ses frères et sœurs en humanité,
- Considérant l’urgence de la recherche des ressources matérielles et financières indispensables à la mission et la nécessaire implication de tout le peuple de Dieu,
- Considérant l’urgence d’une assurance santé obligatoire pour tous les prêtres,
- Considérant l’urgence d’inscrire tous les prêtres à la Caisse nationale de sécurité sociale,
L’Union du Clergé Béninois s’engage :
- à adresser à la Conférence épiscopale du Bénin un mémorandum rassemblant l’ensemble des mesures préconisées pour une amélioration des conditions sanitaires, matérielles et financières des prêtres,
- à une prise de conscience renouvelée de notre humanité, une humanité à préserver, à sauvegarder et à entretenir,
- à faire des bilans de santé réguliers pour prévenir et soigner les maladies avant qu’il ne soit trop tard,
- à mener une vie plus sobre en évitant les excès et les abus,
- à faire des exercices physiques réguliers pour prendre soin de leur santé,
- à cultiver entre prêtres un climat de confiance, d’amour et de charité.,
- à réduire les inégalités entre prêtres d’un même pays, d’un même diocèse et d’une même paroisse,
- à combattre les germes d’individualisme et d’indifférence,
- à opérer une meilleure gestion des biens et des ressources qui leur sont confiés,
- à cultiver la transparence et la vérité en toute chose ; et à exorciser tout esprit de peur, de méfiance, de haine et de jalousie,
- à travailler à une plus grande solidarité entre tous les prêtres par la mise en commun des ressources, et travailler avec la Conférence épiscopale du Bénin pour la mise en place d’une péréquation qui prenne en compte l’ensemble des diocèses du Bénin,
- à établir des conditions favorables à l’accueil dans nos presbytères, des prêtres aînés dans la perspective de la construction d’une maison de retraite adéquate et spécialisée pour les prêtres âgées ou malades,
- à la création d’une assurance nationale de santé pour le clergé béninois,
- à la création de structures capables de générer des ressources matérielles et financières pour une Église moins dépendante des aides extérieures,
- à travailler à la proposition sur le plan national, d’un traitement financier mensuel basique pour tous les prêtres, des conditions pour une renonciation éventuelle des charges pastorales, et développer le projet de l’inscription de tous les prêtres à la sécurité sociale en vue de garantir une retraite décente.
Par ailleurs, l’Union du Clergé Béninois en Assemblée provinciale à Djougou adresse les recommandations suivantes :
- Aux autorités politico-administratives : de veiller, en cette année électorale, à l’organisation d’élections inclusives favorisant la participation de tous les Béninois et Béninoises, dans un climat apaisé. De continuer à veiller sur la sécurité de tous, surtout dans les diocèses les plus affectés, et à la préservation du territoire national.
- Aux fidèles laïcs : de poursuivre leur soutien spirituel en faveur des prêtres ; mais aussi leur soutien matériel aux prêtres qui sont à leur service. Aux chrétiens catholiques qui occupent de hautes fonctions politico-administratives, d’être acteurs et promoteurs de la vérité, de la justice et de la paix dans notre pays.
Communiqué final-Province ecclésiastique de Cotonou
Par Père Mérimé YOKOSSI, Secrétaire National de l’Ucb
Au terme de la 7e Assemblée provinciale de l’Union du Clergé Béninois à Ouidah, les prêtres réunis au Grand Séminaire Saint Gall, ont pris les résolutions suivantes :
- Considérant que le prêtre, homme de Dieu, consacré par l’onction sacerdotale et envoyé pour servir le peuple de Dieu, est avant tout un homme, osons le dire, un homme comme les autres mais pris au milieu d’eux, et en même temps un homme au service des autres,
- Considérant que cet homme-prêtre a des besoins et que la réussite de sa vie d’homme et de prêtre dépend en grande partie de la satisfaction de ses besoins fondamentaux : se soigner, se nourrir, se loger, s’instruire et se vêtir,
- Considérant que le prêtre a besoin d’une bonne couverture sanitaire, d’être en bonne santé et de bien se soigner quand il est malade, pour mieux travailler,
- Considérant que le prêtre a besoin d’un minimum vital pour se mettre à l’abri du besoin et mieux se concentrer sur sa mission,
- Considérant que le prêtre, comme un médecin, a besoin des outils nécessaires à sa mission pour mieux servir ses frères et sœurs en humanité,
- Considérant l’urgence de la recherche des ressources matérielles et financières indispensables à la mission et la nécessaire implication de tout le peuple de Dieu,
- Considérant l’urgence d’une assurance santé obligatoire pour tous les prêtres,
- Considérant l’urgence d’inscrire tous les prêtres à la Caisse nationale de sécurité sociale,
- Considérant que, faisant partie d’un même Corps, tous les prêtres devront prendre soin de ce Corps, comme l’indique d’ailleurs Saint Paul en 1Co 12, 17
L’Union du Clergé Béninois s’engage :
- à adresser à la Conférence épiscopale du Bénin un mémorandum rassemblant l’ensemble des mesures préconisées lors de cette Assemblée pour une amélioration des conditions sanitaires, matérielles et financières des prêtres,
- à une prise de conscience renouvelée de notre humanité, une humanité à préserver, à sauvegarder et à entretenir,
- à sensibiliser les prêtres de l’Union à faire des bilans de santé réguliers pour prévenir et soigner les maladies avant qu’il ne soit trop tard,
- à encourager le clergé à mener une vie plus sobre en évitant les excès et les abus de tous genres,
- à faire des exercices physiques réguliers pour prendre soin de leur santé,
- à cultiver entre prêtres un climat de confiance, d’amour et de charité,
- à réduire les inégalités entre prêtres d’un même pays, d’un même diocèse et d’une même paroisse,
- à combattre les germes d’individualisme et d’indifférence,
- à opérer une meilleure gestion des biens et des ressources qui leur sont confiés par une réelle traçabilité et une reddition de compte continue et véridique,
- à cultiver la transparence et la vérité en toute chose ; et à exorciser tout esprit de peur, de méfiance, de haine et de jalousie,
- à travailler à une plus grande solidarité entre tous les prêtres par la mise en commun des ressources et travailler avec la Conférence épiscopale du Bénin pour la mise en place d’une péréquation qui prenne en compte l’ensemble des diocèses du Bénin,
- à établir des conditions favorables à l’accueil dans nos presbytères des prêtres aînés dans la perspective de la construction d’une maison de retraite adéquate et spécialisée pour les prêtres âgées ou malades,
- à la création d’une assurance nationale de santé pour le clergé béninois,
- à la création de structures capables de générer des ressources matérielles et financières pour une Église moins dépendante des aides extérieures,
- à travailler à la proposition sur le plan national d’un traitement financier mensuel basique pour tous les prêtres, des conditions pour une renonciation éventuelle des charges pastorales et développer le projet de l’inscription de tous les prêtres à la sécurité sociale en vue de garantir une retraite décente.
Par ailleurs, l’Union du Clergé Béninois, en Assemblée Provinciale à Ouidah, adresse les recommandations suivantes :
- Aux autorités politiques et administratives : de continuer à tracer des chemins neufs pour assurer un minimum de bien-être commun à tous, de travailler au développement intégral de tout homme et de tout l’homme et surtout de veiller, en cette année électorale, à l’organisation d’élections inclusives favorisant la participation de tous les Béninois et de toutes les Béninoises, dans le dialogue, pour un climat socio-politique apaisé. Enfin, de continuer à veiller sur la sécurité de tous, surtout dans les diocèses les plus affectés et à la préservation du territoire national.
- Aux fidèles laïcs : de poursuivre leur soutien spirituel en faveur des prêtres ; mais aussi de pourvoir au soutien matériel des prêtres qui sont à leur service. Aux chrétiens catholiques qui occupent de hautes fonctions politico-administratives d’être acteurs et promoteurs de la vérité, de la justice et de la paix dans notre pays.






